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5 (Bonnes) raisons de venir voir « bachar n’aime pas pink floyd » au local des autrices A PARIS
« Les Curiosités » est partenaire du spectacle d’Aurélie Ruby qui se jouera du 12 au 15 février prochains au local des Autrices à Belleville (Paris 11ème ). Un poème théâtral singulier que je vous invite chaleureusement à venir voir !
5 raisons tout à fait biaisées mais néanmoins essentielles de venir voir ce spectacle singulier :
1) découvrir une autrice talentueuse et engagée
Aurélie Ruby est autrice, comédienne et metteuse en scène mais aussi poétesse performeuse et formatrice. Depuis plus de dix ans, elle a mis au cœur de son travail des thématiques de société engagées comme l’exil, la migration, l’interculturalité ou le féminisme. Elle donne régulièrement des ateliers destinés à des jeunes publics. Et elle se définit aussi comme « chercheuse en incomplétude » ou encore «humaine en mouvement perpétuel».
Aujourd’hui, et après plus de six ans d’écriture, Aurélie nous livre un « poème théâtral » intime. Un texte qui s’inscrit dans le courant de « l’auto-fiction » : un style théâtral au croisement de la fiction et du réel, de l’écriture… et du vécu.
Elle met en scène une histoire dont on ne sait pas très bien si c’est la sienne… même si on devine vite que ce récit ne lui est pas complètement étranger…
Dans ce spectacle, Aurélie se livre à nous, et peut-être qu’elle se livre aussi un peu à elle-même finalement…. Comme une quête. Elle se lâche parfois, nous envoie un petit slam ci, quelques mots d’arabe par là, et je crois nous émeut. Souvent. Si on y prête attention, on peut aussi déceler de l’émotion dans ses yeux ou dans son regard. C’est aussi que son texte est une prise de risque, une exposition. Une générosité.
2) Ecouter un texte poignant dans une mise en scène soignée
Car oui, « Bachar n’aime pas Pink Floyd » traite de sujets difficiles : sur fond de crise syrienne, on abordera la question de la dictature et de ce qu’elle peut faire à un peuple en quête de liberté, on évoquera la fuite et puis l’exil, on parlera de séparation et des ravages que la vie amoureuse peut parfois impliquer…
Mais cette pièce est aussi, et surtout (!) un éloge de l’amour et de la lutte, de l’engagement, de la confiance dans le temps qui passe, dans le pouvoir de la reconstruction et dans la métamorphose. Une foi en l’Humanité. Et une ode à la liberté.
La musique, à l’image du spectacle d’ailleurs, nous fait voyager et passer de l’Orient à l’Occident : du oud à l’electro… et habille subtilement le texte et le phrasé d’Aurélie. Une bande sonore signée Fawaz Baker et Adrien Vullo. Evidemment, on pourra entendre quelques notes du groupe mythique à l’origine de « Shine on you crazy diamond », en 1975… Quelques années après l’élection de Hafez al Assad, le père de Bachar, dont on entendra le nom prononcé durant le spectacle.
A la technique, depuis le fond de la salle, Alice, discrète derrière la lumière bleue de la régie saura magnifier avec justesse et précision ces moments doux et poétiques, avec un jeu de lumières tamisées et de micros subtilement arrangés.
©Nadège Le Lezec
3) Vivre une expérience intimiste, singulière et partagée
En effet, pour ce spectacle, nous n’avons pas le choix. Comme spectateur, nous sommes « le public », mais nous sommes aussi avec Aurélie embarqués dans cette histoire. Nous traversons la Syrie et le plateau du Golan. Nous sommes sur la Place de la République, à Paris. Nous sommes dans son appartement quand une dispute éclate. Nous sommes encore avec elle dans la rue quand, cette fois, elle retrouve la joie du collectif.
Dans le jargon des théâtreux, ce spectacle est un seul en scène « bi-frontal », un espace où nous sommes « de part et d’autre du plateau ».
Au milieu, seul un tapis comme décor. Un tapis qui nous rappelle tout aussi bien une chambre qu’une cellule de prison… Et un tapis qui délimite une scène de jeu. Un tapis qui sépare la vérité de la fiction ? Nous ne savons pas trop. En tout cas, le temps du spectacle, une scène qui représente un espace d’où Aurélie nous parle, son espace à elle. Où elle donne la parole au personnage de son histoire. Serait-ce une « chambre à soi» selon l’expression de Virginia Woolf ?
Une expérience rare en tout cas, intimiste et participative – sans que cela nous soit imposé – , comme nous les aimons chez « Les Curiosités ».
4) Soutenir une pièce engagée, qui laisse la place à la complexité du monde
Ne nous mentons pas. Et son autrice ne s’en cache pas d’ailleurs.
« Bachar n’aime pas Pink Floyd » est un texte politique.
Un acte de résistance.
Un texte qui dénonce la lâcheté des Gouvernements qui refusent – parfois – de prendre leurs responsabilités et d’assumer l’accueil et l’intégration de publics en exil. Des hommes et des femmes qui peuvent délaisser maison, famille et amis pour fuir des guerres ou des conflits. Pour préserver leur liberté. Et chercher une nouvelle vie, un nouvel enracinement, une reconstruction. Ces mêmes Gouvernements qui laissent les associations de terrain gérer ces crises, avec souvent tellement peu de moyens. On entendra d’ailleurs revenir le souvenir du petit Aylan qui hante la protagoniste de la pièce. Cet enfant syrien, d’origine kurde, de trois ans, retrouvé mort sur les plages turques en 2016, après avoir fui la révolution syrienne avec sa famille…
Un texte qui dénonce aussi la violence d’un homme (ou serait-ce la violence des hommes ?) et qui s’érige contre la société patriarcale. Cette société qui veut:
» Tout dominer.
Tout contrôler.
Tout solutionner.
Tout le temps ». comme on peut le lire écrit dans la version publiée du texte. Avec ces espaces qui marquent autant de besoin de respiration que d’envie de beauté pour affronter les difficultés de la vie.
Et ce faisant, ce texte rend hommage à toutes ces victimes :
« Nous sommes fortes. Nous sommes fières. Et féministes et en colère », peut-on entendre depuis la bouche de la comédienne ».
Un texte qui dénonce enfin la dictature et la montée au pouvoir de régimes autoritaires. A la fin du spectacle, en faisant référence à l’« ICE » dont on entend beaucoup parler en ce moment (la « US Immigration and Customs Enforcement », cette police de l’immigration américaine), Aurélie nous livrera qu’elle ne pensait pas que son texte serait « autant d’actualité aujourd’hui».
©Nadège Le Lezec
« Bachar n’aime pas Pink Floyd » est un texte éminemment politique mais il ne vire pas pour autant à la facilité, à l’idéologie ou au plaidoyer de bisounours.
C’est un texte qui laisse toute sa place nuance et à la complexité du monde.
Sur l’amour et sur la mort. Sur le pouvoir des mots et la souffrance qu’engendrent nos maux.
Sur la politique migratoire et ses absurdités.
Sur l’impossibilité au fond d’avoir une politique d’accueil absolument juste et inconditionnelle dans notre société.
Même si le spectacle, évidemment, nous invite à en rêver…
On en apprend aussi sur la Syrie… Où Aurélie s’est rendue par nécessité il y a quelques années.
Mais c’est surtout un spectacle d’une rare beauté, juste et nuancé.
Et il nous est offert comme un cadeau.
Peut – être qu’au fond c’est parce qu’il nous parle de l’essentiel.
C’est pour cela qu’il peut toucher tout le monde, qu’elle que ce soit sa sensibilité.
Qui ne peut se sentir touché ou concerné par l’amour, par l’accueil, par l’engagement, la lutte, ou par la poésie ? Mais aussi par la souffrance, la perte, la quête ou la reconstruction ?
« L’incapacité à accepter la complexité de la réalité conduit non pas à l’irréalité, mais à la simplification forcée de la réalité. La complexité est aujourd’hui la vertu révolutionnaire. «
Edgar Morin
5) Découvrir et soutenir une salle culturelle féministe à Paris
Le local des Autrices, où se joue la pièce, ne porte pas son nom pour rien..
Et il vient de fêter son premier anniversaire ! On peut lire sur leur site les quelques mots de Sarah , fondatrice et coordinatrice :
« Il y a un an, j’ouvrais le Local des Autrices. Un an de travail acharné, mais aussi de joie, de rencontres et de sororité. Il y a quelqu’un qui m’a dit : je suis stupéfait du nombre d’autrices que tu arrives à trouver ! ET OUI : elles existent, elles sont nombreuses et elles ont un talent fou. Alors je compte bien continuer à faire entendre leurs voix. De janvier à juin 2026, ce sont pas moins de 70 spectacles que nous vous proposons ! »
Alors en venant voir Aurélie, vous soutenez cette belle salle par la même occasion ! Et par les temps qui courent, ce n’est pas rien !
Voilà donc.
5 raisons je crois importantes de venir voir ce poème théâtral singulier.
Alors que vous soyez heureux ou malheureux, joyeux ou silencieux, amoureux, théâtreux, ou tout simplement curieux…
… Venez nombreux !!!
INFOS PRATIQUES
- Du jeudi 12 au dimanche 15 février 2026
- Durée de la représentation : 1h10 environ
- A 21h les jeudi, vendredi et samedi ; à 17h le dimanche
- Adresse : Local des Autrices : 18 Rue de l’Orillon, 75011 Paris
+ d’infos & billetterie :
Nous lancerons aussi courant d’année des ateliers et débats autour de ce spectacle avec Aurélie.. Si vous souhaitez en savoir plus ou que cela vous intéresse … Contactez-nous ! 🙂
